Entre Louvre et Jardin du Palais Royal, Sam Sun cultive une certaine idée de la gastronomie coréenne : exigeante et profondément authentique. Ici, la cuisine se raconte dans le temps long, dans la fermentation et dans la transmission.
Pascale Benhaïem-Komlos
« La cuisine coréenne repose sur deux piliers fondamentaux : le temps de préparation et la santé. Tout le reste en découle », explique le chef Eun ok Lacour et Byungkuk Oh. Né à Séoul et formé dans les grandes maisons asiatiques avant un parcours international entre Melbourne, Rabat, Prague ou Jakarta, il revendique une cuisine fidèle aux traditions de la dynastie Joseon. « En Corée, la fermentation n’est pas seulement une technique : c’est une manière de construire le goût et de prendre soin du corps », poursuit-il. Résultat ? Une adresse où chaque sauce mature des semaines et où les bouillons mijotent lentement.
Le bansang, héritage royal coréen
Fondé par Eun-ok Lacour, Sam Sun s’impose aujourd’hui comme la table gastronomique du groupe Sam Korean Tables. Ancienne chorégraphe formée au Seoul Art Center, elle voit dans la cuisine une continuité naturelle de son travail artistique. « La table est un espace d’échange, de partage de temporalité et d’incitation à l’émotion. Ce que je cherchais dans la danse, je le retrouve dans la cuisine », confie-t-elle. Signature de la maison, le Bansang Royal reprend les codes des repas servis autrefois à la cour Joseon : un plat principal accompagné de plusieurs banchan de
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