Les pratiques de restauration diffèrent sensiblement selon les générations. Une étude de Circana, présentée à l’European Foodservice Summit de Madrid, décrypte les comportements alimentaires de cinq générations de consommateurs sur les principaux marchés européens. Au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie, les dépenses en restauration ont atteint 361,2 milliards d’euros sur un an en juin 2026, en progression de 1,4 %. La fréquentation recule toutefois de 0,7 %, tandis que la dépense moyenne par personne augmente de 2,1 %. Mais derrière un marché relativement stable se cachent de profondes mutations.
La génération Alpha (les consommateurs âgés de moins de 16 ans) affiche déjà une appétence particulière pour la livraison, dont la part est 1,3 fois supérieure à la moyenne. Elle se tourne également davantage vers les enseignes : celles-ci captent 40 % de ses dépenses en restauration commerciale, contre 35 % chez les Gen Z et les milléniaux, et seulement 16 % chez les baby-boomers (60 ans et plus).
Chez la génération Z (16-29 ans), la santé s’affirme comme un marqueur important : 24 % privilégient une alimentation riche en protéines, 20 % les produits biologiques ou naturels et 12 % pratiquent le jeûne intermittent, contre 7 % de l’ensemble des consommateurs.
Les milléniaux (30-44 ans) se distinguent quant à eux par l’importance du repas en solitaire, qui représente un tiers de leurs visites pour les repas principaux. Un comportement que Circana relie notamment à l’évolution des rythmes professionnels et à des emplois du temps plus flexibles. À l’inverse, les baby-boomers privilégient davantage des expériences longues et conviviales, notamment lors des déjeuners entre amis.
Enfin, malgré les tensions sur le pouvoir d’achat, le prix n’est pas le premier critère de choix d’un restaurant pour la génération X (45-59 ans) : l’offre arrive en tête (35 %), devant la praticité (33 %) et enfin, le prix (27 %).
L’étude insiste sur le fait que ces habitudes ne sont pas figées. « L’âge ne constitue plus un indicateur fiable des comportements, signale Edurne Uranga, vice-présidente Foodservice Europe chez Circana. Nos données révèlent une réalité bien plus complexe, où le numérique, la santé, les contraintes économiques, l’évolution des modes de vie à différentes étapes remodèlent les choix des consommateurs. Le consommateur de demain ne se comportera pas simplement comme une version plus jeune du consommateur âgé d’aujourd’hui. »
T.L.B.
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