À l’aide de ses algorithmes alimentés par des outils d’intelligence artificielle, Circana pointe trois tendances en devenir. Le bureau d’études souligne d’abord la montée en puissance des boissons. En France, 22,5 % des visites en restauration concernent uniquement ce segment, porté par le café premium et les alternatives sans alcool. « La prochaine vague de cette révolution sur le segment des boissons sera l’arrivée de nouveaux sodas en Europe, indique Edurne Uranga, vice-présidente Foodservice EMEA du bureau d’études de marché : des boissons rafraîchissantes aux bienfaits fonctionnels, tels qu’une teneur en magnésium ou en zinc, des boissons énergisantes, dédiées à la concentration et au bien-être, qui s’alignent étroitement sur l’évolution des besoins en matière de santé et les modes de vie. » Autre évolution-clé : la consommation « à tout moment », qui dépasse les repas traditionnels au profit de créneaux comme le brunch ou le goûter, ouvre la porte au développement de marques de snacks et boissons équilibrés et gourmands. Enfin, l’alimentation « réfléchie » s’impose. Les aliments et boissons fonctionnels favorisant l’énergie, renforçant les défenses immunitaires et permettant la gestion de son poids comptent parmi les segments qui connaissent la croissance la plus rapide.
Selon les dernières analyses de Circana, les dépenses dans le secteur de la restauration hors domicile devraient augmenter de 3 % aux États-Unis et en Europe en 2026, en parallèle d’une évolution des habitudes de consommation. Lors du salon international de l’agroalimentaire Alimentaria, Edurne Uranga a précisé que les transformations s’accélèrent des deux côtés de l’Atlantique, mais selon des modèles distincts. Aux États-Unis, les magasins de proximité sont à l'avant-garde de la transformation, tandis qu'en Europe, ce sont les grandes surfaces qui accélèrent le développement des offres prêtes à consommer. La vente à emporter continue de gagner du terrain en Europe. Elle représente désormais 45 % des dépenses. Aux États-Unis, la consommation sur place repart mais la vente à emporter pèse toujours 75 % des dépenses.
Le poids des chaînes illustre également ces écarts : elles dominent le marché américain (78 %) mais restent minoritaires en Europe (45 %), où leur potentiel de développement demeure important. Leur croissance est d'ailleurs plus forte sur le Vieux Continent qu'aux États-Unis. Au-delà des formats, les attentes évoluent vers davantage d’expérience, de variété et de qualité nutritionnelle.
T.L.B.
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