Après un premier trimestre déjà marqué par la stagnation, la restauration française peine toujours à retrouver de l'élan. Selon les dernières données de Food Service Vision, l'activité de la consommation hors domicile affiche une croissance nulle depuis le début de l'année 2026, dans un contexte économique toujours tendu. La restauration commerciale a particulièrement souffert au printemps, avec un recul de 1 % de son activité en avril puis en mai. La restauration à table apparaît comme le segment le plus touché, enregistrant une baisse de 3 % sur ces deux mois, tandis que la restauration rapide parvient à mieux résister. Dans le même temps, la fréquentation globale recule de 2 %. Cette situation s'explique en grande partie par les préoccupations croissantes des Français concernant leur pouvoir d'achat. L'étude révèle que 33 % des consommateurs ont réduit leurs dépenses de restauration, contre seulement 14 % un an plus tôt. Plus marquant encore, 53 % des clients déclarent désormais arbitrer sur au moins un élément de leur repas lorsqu'ils se rendent au restaurant. Les boissons alcoolisées sont les premières victimes de ces restrictions budgétaires, devant les entrées et les desserts.
Face à ces comportements, les professionnels adaptent eux aussi leur stratégie. Plus de la moitié des opérateurs interrogés affirment avoir réduit leurs achats dans certaines catégories de produits au cours des trois derniers mois. Optimisation des approvisionnements, limitation du gaspillage, ajustement des recettes ou recours accru aux marques de distributeurs font partie des leviers mobilisés pour préserver les marges. Tous les circuits ne sont cependant pas logés à la même enseigne. Alors que la boulangerie-pâtisserie marque le pas depuis le début de l'année, les commerces de proximité profitent pleinement de l'essor du snacking. Leur chiffre d'affaires progresse de 14 % depuis janvier, confirmant l'appétit des consommateurs pour les offres rapides et accessibles.
Pour François Blouin, président de Food Service Vision, l'été pourrait néanmoins apporter un peu d'oxygène au secteur grâce à une fréquentation touristique attendue en hausse. La France continue de bénéficier d'une image de destination sûre et attractive, un atout qui pourrait soutenir l'activité durant la période estivale.
E.L.
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