[Point de vue] Titres-restaurant : « Notre priorité, c’est d’arrêter l’hémorragie vers la grande distribution »

Tendances restauration

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[Point de vue] Titres-restaurant : « Notre priorité, c’est d’arrêter l’hémorragie vers la grande distribution »
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Adoptée par l’Assemblée nationale le 12 octobre, la proposition de loi de Christophe Naegelen « visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant » prévoit la dématérialisation totale des titres-restaurant, l’encadrement des pratiques des émetteurs et la pérennisation des achats alimentaires. Examinée au Sénat en commission le 3 novembre, puis en séance le 19, en procédure accélérée, elle mobilise déjà le GHR. Sa présidente, Catherine Quérard, explique les conditions d’une réforme acceptable pour les restaurateurs. 


 


Quel bilan tirez-vous du vote de l’Assemblée nationale ?
Catherine Quérard : Nous soutenons plusieurs avancées : la dématérialisation des titres-restaurant, c’est-à-dire la fin du papier au 1er janvier 2028, l’interdiction des rétrocommissions et la transparence des frais. Le texte prévoit aussi l’utilisation des titres sept jours sur sept, y compris le dimanche et les jours fériés. Mais les députés ont rejeté le double plafond, tout en votant la prolongation du « tout alimentaire » en 2027, puis sa pérennisation à partir de 2028. Ils modernisent le dispositif sans corriger son principal déséquilibre : le transfert des dépenses vers la grande distribution.


Pourquoi ce rééquilibrage est-il indispensable ?
C.Q. : Depuis fin 2022, la part de la restauration dans les dépenses en titres-restaurant est passée de 46,5 % à 34,3 % début 2026 : une perte de 12,2 points. Sur une base annuelle de 10 milliards d’euros, cela représente 1,22 milliard d’euros


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