Pourquoi la transparence salariale, loin d’être une contrainte de plus, peut devenir l’arme des indépendants sur les postes qu’on ne trouve plus, ou difficilement. Explications de Vincent Sitz.
Disons-le sans détour, l’hôtellerie-restauration est le dernier grand secteur à vivre de l’opacité salariale, et une partie de la profession tient à ce que cela dure. Depuis vingt ans que je traite des dossiers RH pour des exploitants, j’ai vu tous les montages : la prime « au black », l’avantage en nature gonflé, le treizième mois maison, le salaire arraché un soir de service dans un coin de cuisine. Le tout scellé par la seule règle que personne n’enfreint jamais : « On ne parle pas de son salaire. » Cette règle-là, la transparence salariale va la briser, et j’entends déjà les jérémiades qui montent. Trop de paperasse, la mort du secret des affaires, une usine à gaz pour les petits. Je vais prendre le contre-pied exact de ce discours.
Non seulement cette réforme ne tuera pas les indépendants, mais c’est l’une des rares fois où la règle jouera contre les gros et pour les petits, à condition de cesser de la voir comme une punition.
Ce qui arrive, et quand
Soyons précis, parce que le sujet est noyé sous les approximations. La directive européenne 2023/970 aurait dû être transposée en droit français avant le 7 juin 2026. Elle ne l’a pas été. Le projet de loi n’est passé au
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