Sur fond de guerre au Moyen-Orient, la dernière enquête de l’UMIH (du 9 au 22 avril) confirme un net coup de froid sur le secteur. Plus de 80 % des professionnels font état d’un impact négatif de la conjoncture. Hausse des coûts (matières premières, énergie, transport), ralentissement des réservations (62 %) et clients de plus en plus attentistes… même les

temps forts, comme le week-end de Pâques, n’ont pas relancé la machine. Au final, 74 % des cafés, bars et restaurants ont constaté une baisse de fréquentation sur la période.
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement économique, elle devient stratégique. Car lorsque la demande fléchit, c’est l’expérience qui fait la différence. Et, à ce titre, la salle revient au cœur du jeu et de notre grand dossier du mois. Longtemps relégué derrière la cuisine, le service est pourtant un levier clé : accueil, attention, fluidité du parcours client, capacité à anticiper les attentes… autant d’éléments qui transforment un simple déjeuner ou dîner en véritable moment de plaisir. La qualité du service devient alors un critère de fidélisation, au même titre que le contenu de l’assiette, comme le rappellent les consultants et professionnels du service en salle.
Ces enjeux, très concrets, ont d’ailleurs été au cœur des réflexions de notre convention Food Tendances, dont la cinquième édition a rassemblé des acteurs majeurs du secteur, le 9 avril dernier. Plusieurs tables rondes ont rythmé la matinée, explorant notamment les différents leviers pour relancer la fréquentation : activation de l’événementiel, à l’aube de grands rendez-vous sportifs comme la Coupe du monde de football, ou encore nécessité de repenser l’offre, autant d’axes devenus incontournables pour réenclencher une dynamique.
À ce titre, le témoignage de Christophe Adam a su retenir l’attention des participants. De ses débuts dans les palaces à son rôle clé chez Fauchon, jusqu’à la création de concepts singuliers comme L’Éclair de Génie ou Dépôt Légal, son parcours illustre une réelle capacité à anticiper les tendances et à faire évoluer son modèle. Mono-produit revisité, hybridation du sucré et du salé, développement en France comme à l’international… il incarne une vision entrepreneuriale agile, portée par un produit d’excellence et une vraie identité.
Heureusement, comme souvent dans ce secteur, les signaux positifs ne sont jamais très loin. Le retour des beaux jours, la réouverture des terrasses, les flux touristiques à venir et les grands rendez-vous sportifs offrent autant de perspectives de rebond. Pour affronter la conjoncture, le secteur doit plus que jamais jouer collectif !
Anne Luzin





