Sur les hauteurs du 20ᵉ arrondissement, Moncoeur Belleville cultive un art de vivre spécifique : celui d’une brasserie comme on en fait peu, à la fois populaire et panoramique, où l’on vient autant pour l’assiette que pour l’atmosphère. Ancienne boucherie devenue brasserie, le lieu a connu plusieurs vies, jusqu’à devenir décor de tournages. Mais avant sa récente transformation, l’intérieur avait perdu une grande partie de son éclat. « On a tout refait du sol au plafond… tout était dans un état pitoyable », raconte Valérie Bonal, aujourd’hui à la tête de l’établissement avec son mari et leur fils. Le défi ? Moderniser le lieu sans effacer le passé. « Nous voulions lui redonner du souffle tout en préservant son caractère », confie Muriel Houël, architecte du cabinet Sowen en charge de la rénovation. Briques apparentes, structures métalliques, traces du passé assumées… ont donc été conservées. Marbre clair, bois massif, lignes arrondies : au centre, le bar redessiné s’impose comme un élément central du décor.
Une affaire de famille avant tout
Derrière le renouveau, il y a surtout une aventure humaine. Celle de Valérie Bonal, de son mari Régis, en cuisine, et de leur fils Victor, en salle. « Nous avions un autre restaurant mais nous avions envie de changer… et puis notre fils nous a dit : moi aussi, je veux faire ce métier. » Le projet naît presque naturellement. « On est tombés amoureux de l’endroit, on s’est lancés. » L’organisation est familiale, parfois sportive. « Mon mari est en cuisine, mon fils et moi on se partage la salle… on cherche encore du monde pour compléter l’équipe », glisse-t-elle en souriant. L’été, le personnel passe de 9 à près de 30 personnes pour faire face à l’affluence.
Un lieu de vie, du matin au soir
À Moncoeur Belleville, on sert le midi une cuisine de marché, simple et généreuse : œuf mayonnaise, terrine, croque-monsieur, salade César ou coquillettes à la truffe. « On veut une carte courte, tout est frais. On n’a même pas de congélateur. » Une cuisine vivante qui vit au rythme des saisons et des livraisons du jour et qui privilégie le goût. Le soir, changement de rythme. Le bar s’anime, les verres se vident, les assiettes se partagent. Tapas, planches, plats du jour : « A partir de 18 heures, nous affichons complet… les gens viennent, ils boivent des coups, ils grignotent. » Enfin, le dimanche, place au brunch, devenu un rendez-vous incontournable. « On a eu un vrai succès tout de suite… jusqu’à 170 brunchs servis en un service. »
Une terrasse comme un balcon sur Paris
Mais la vraie signature du lieu reste sa terrasse. Suspendue au-dessus de la ville, elle peut accueillir jusqu’à 160 personnes aux beaux jours. « Ici, il n’y a presque pas de voitures… c’est d’un calme impressionnant. » Entre nature et ville, l’endroit attire ainsi autant les habitants du quartier que les touristes. « On a énormément d’Italiens, d’Allemands… qui viennent visiter Paris. » Cette diversité fait l’âme du lieu. « La clientèle, c’est un joyeux mélange… comme le quartier.
P.B-K.





