Restauration hors domicile : une croissance portée par de nouveaux usages et une quête d’expérience

Restauration hors domicile : une croissance portée par de nouveaux usages et une quête d’expérience
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Selon Circana, le secteur de la restauration hors domicile devrait poursuivre sa croissance en 2026, avec une hausse des dépenses estimée à +3 % aux États-Unis comme en Europe. Une dynamique portée par des mutations profondes des comportements de consommation, qui redéfinissent à la fois les occasions de consommer et les attentes vis-à-vis des acteurs du secteur.


Des dynamiques de marché contrastées entre Europe et États-Unis


Présentées notamment lors du salon Alimentaria, ces analyses mettent en lumière des évolutions structurelles communes aux deux marchés, mais aussi des différences notables. Si les États-Unis voient les magasins de proximité jouer un rôle moteur, en Europe, ce sont les supermarchés et hypermarchés qui accélèrent le développement des offres prêtes à consommer. Les habitudes évoluent également à des rythmes différents : la consommation sur place repart à la hausse outre-Atlantique, tandis que la vente à emporter continue de progresser en Europe, représentant désormais 45 % des dépenses, contre 75 % aux États-Unis. Autre contraste majeur : le poids des chaînes de restauration, qui dominent largement le marché américain (78 %) mais restent encore sous-représentées en Europe (45 %), laissant entrevoir un potentiel de croissance significatif. Dans les deux cas, une tendance s’impose néanmoins clairement : la valeur perçue ne repose plus uniquement sur le prix, mais de plus en plus sur l’expérience, la diversité de l’offre, la qualité nutritionnelle et la découverte.


Boissons, nouveaux usages et quête de sens : les leviers de croissance


Parmi les grandes mutations identifiées, la montée en puissance des boissons constitue un levier stratégique. En France, 22,5 % des visites en restauration sont désormais consacrées uniquement à la consommation de boissons, contre 14% en moyenne en Europe. Une tendance en forte progression, portée par l’essor du café premium, des boissons fonctionnelles et des alternatives sans ou à faible teneur en alcool. Cette « révolution des boissons » pourrait encore s’accélérer avec l’arrivée de nouvelles générations de sodas enrichis ou énergisants, à l’image de concepts déjà installés aux États-Unis comme Swig, Fiiz, Fixxology ou Twisted Sugar. Autre transformation clé : l’éclatement des moments de consommation. Les repas traditionnels laissent progressivement place à une multitude d’occasions plus flexibles — brunch, pauses en milieu de matinée ou goûters — en phase avec des modes de vie plus mobiles, des horaires de travail évolutifs et une attention accrue portée au bien-être. Enfin, la notion de « consommation réfléchie » s’impose durablement. En France, 25,6 % des consommateurs suivent un régime alimentaire spécifique, avec une forte appétence pour les régimes riches en protéines. Les produits et boissons fonctionnels, axés sur l’énergie, l’immunité ou la gestion du poids, figurent parmi les segments les plus dynamiques. Dans ce contexte, les acteurs du secteur sont appelés à repenser en profondeur leur proposition de valeur. L’enjeu : répondre à des attentes toujours plus personnalisées, tout en s’adaptant aux nouveaux usages, aux contraintes budgétaires et aux aspirations en matière de santé et d’expérience.


L.J

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