Le Food service gagne des parts d’estomac sur le retail

Le Food service gagne des parts d’estomac sur le retail
@L.JOLLIVET

Entre l'évolution des habitudes de consommation, le contexte post-COVID et l’émergence du digital, le marché du food service connaît une véritable accélération. Une conjoncture défavorable au retail puisque, la consommation des ménages de produits alimentaires en volume en retail recule progressivement : de 2000 à 2015 ses parts en volume étaient en progression de 1 à 1,3% par an. Aujourd’hui en net recul, l’institut d’études Xerfi projette une baisse du marché de 0,2% par an d’ici à 2040. Le food service est-il pour autant enclin à rivaliser avec le retail ? « Avec l’essor des plateformes de livraisons à domicile, le food service gagne des parts d’estomac sur le retail, analyse Matteo Neri, directeur d’étude (expert Food & Beverage). Elles ont permis de rompre les barrières entre la restauration à domicile et hors domicile. »


La jeune génération comme principal levier du food service


Parmi les nombreux leviers existants, le développement du food service est particulièrement soutenu par les plus jeunes générations : « Il y a une véritable fracture générationnelle avec notamment les jeunes et leur rapport à la restauration. » Du coté des autres tranches d’âge, Matteo Néri observe qu’aller au restaurant devient occasionnel pour les plus de 45 ans et qu’il est même superflu de s’y rendre pour les plus de 65 ans. « La restauration intègre complètement les habitudes de consommation des très jeunes malgré leur faible pouvoir d’achat », ajoute l'expert. Leur consommation diffère toutefois de celle de leurs aînés, impliquant davantage la restauration à emporter, toute catégories confondues (fast-food, coffee-shop, etc).


L'arrivée de nouveaux profils de ménage en France devrait également bouleverser l'évolution des tendances de consommation. À terme, Xerfi prévoit +2,5 millions de ménages solos d’ici 2040 et une baisse de 42 000 ménages avec enfants. Concrètement, ces évolutions se traduiront par un logement qui affecte leurs budgets, bousculant ainsi les habitudes de consommation :  moins de « fait maison », moins de quantité de courses, plus de plats préparés...  Ces éléments devraient de nouveau favoriser l'essor du food service. Déjà en plein boom, il devrait même représenter 36% des dépenses en F&B d'ici 2040. « On ne peut pas dessiner le marché de 2040 sans parler de Food service car son poids se renforce, développe Matteo Neri. Depuis 1960, il progresse en continu. Seules les années 2008, 2020 et 2021 sont des exceptions, mais la tendance reste à la hausse et continue de progresser.»


La contre-attaque du retail


Face au succès du food service, le retail se confronte désormais à un enjeu capital : celui de reconquérir ses consommateurs. Dans ce contexte, de nombreux acteurs du retail proposent différentes solutions. Aujourd’hui la grande distribution joue notamment la carte de la proximité en proposant une offre de restauration intégrée à ses espaces d'achats, à l’image de la cantine Monoprix. Pour reconquérir les consommateurs, des marques comme Sodebo se sont tournées vers un concept innovant : proposer leurs produits dans différents lieux d'affluences grâce à des frigos connectés. Baptisée "FreeGo",cette initiative permet à la marque de renforcer sa présence bien au-delà des simples rayons de supermarchés.


L.J

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