Dans un contexte international marqué par le conflit au Moyen-Orient, l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) a mené une enquête afin d’évaluer les répercussions sur l’activité du secteur touristique. Réalisée du 9 au 22 avril 2026 auprès de 1 209 adhérents sur l’ensemble du territoire, cette enquête rassemble des répondants composés à 48 % de restaurateurs et à 35 % d’hôteliers, le reste étant constitué de traiteurs, discothèques et établissements de loisirs. Plus de 80 % des professionnels interrogés déclarent un impact négatif sur leur activité, dont près de 63 % l'estiment significatif et très percutant. Selon l’UMIH, ces résultats traduisent une dégradation déjà installée, affectant directement la performance économique des établissements du secteur CHRDT sur l’ensemble du territoire. Les professionnels font état d’une hausse généralisée des coûts d’exploitation : 34 % citent les matières premières, 25 % les coûts de transport fournisseurs et 23 % l’énergie. Par ailleurs, 22 % signalent également un impact du coût des carburants sur la consommation des clients. Le secteur subit ainsi un double effet négatif combinant hausse des charges et affaiblissement de la demande.
Un ralentissement marqué de la demande
Selon l’enquête, 62 % des professionnels constatent aussi un ralentissement des réservations à l’approche de la saison estivale 2026, tandis que seuls 9 % évoquent une dynamique satisfaisante. Cette tendance s’explique par un attentisme accru des clientèles, lié aux incertitudes géopolitiques et économiques. Les répondants observent plusieurs évolutions : 26 % évoquent un attentisme généralisé, 19 % des réservations plus tardives et 10 % une hausse des annulations de dernière minute. À cela s’ajoutent un recul des clientèles internationales, une baisse du niveau de dépense et un raccourcissement des séjours. Le week-end de Pâques confirme cette tendance, avec plus de 60 % des établissements ayant enregistré une baisse d’activité, dont 19 % une forte baisse. Dans le détail, 74 % des cafés, bars et restaurants déclarent une baisse de fréquentation, contre 69 % des hôtels ayant constaté une baisse du taux d’occupation. Les professionnels interrogés identifient trois principaux facteurs : le climat d’incertitude internationale (36 %), la hausse du coût des déplacements (32 %) et les arbitrages budgétaires des ménages (29 %). L’UMIH souligne enfin que le secteur touristique fait face à une situation de tension marquée, caractérisée par la hausse des coûts d’exploitation, la baisse de la fréquentation, un attentisme accru des clientèles et une visibilité fortement dégradée à l’approche de la saison estivale 2026. Ces éléments font peser un risque sur la saison estivale, dont l’évolution dépendra étroitement de la situation géopolitique internationale et du niveau de pouvoir d’achat des ménages.
