Pour leur 7e édition, les TheFork Awards remettent la jeune garde de la restauration française sous les projecteurs. Quelles nouvelles tables seront distinguées ? Verdict le 30 novembre à Bordeaux.
Le principe reste le même : des grands chefs repèrent les nouvelles adresses qu’ils jugent prometteuses, avant de laisser le dernier mot au public. Cette année, près de 85 parrains et marraines, représentant près de 100 étoiles Michelin, ont ainsi sélectionné 85 restaurants ouverts ou repris depuis moins de deux ans dans toute la France. « Ce qu’on récompense aujourd’hui, ce ne sont pas des étoilés. Ce qu’on révèle, ce sont de futurs étoilés », résume Damien Rodière DG Europe de l’Ouest TheFork. Depuis la création du prix en 2019, 430 restaurants ont été nommés et 36 récompensés. Parmi les établissements sélectionnés, 35 ont ensuite décroché une étoile Michelin et plus de sept sur dix sont aujourd’hui recommandés par le Guide.
Derrière ces chiffres, les Awards revendiquent surtout une logique de transmission. Guy Savoy, Christian Le Squer, Nina Métayer, Glenn Viel ou encore Yoann Conte figurent parmi les chefs mobilisés cette année. Leur ambition ? Mettre en lumière une adresse récemment installée et lui apporter leur visibilité. Le public prend ensuite le relais en votant jusqu’au 19 octobre pour son restaurant préféré. Parmi les parrains venus défendre leur poulain, Yoann Conte, chef deux étoiles à Annecy, a choisi SABA, la table de Clément Torres. Pour lui, la transmission dépasse largement l’apprentissage d’un geste technique. « On nous transmet toujours quelque chose. Et c’est à nous de transmettre ce témoin. On ne s’appauvrit jamais en aidant les autres », explique-t-il. Voir d’anciens collaborateurs prendre leur envol et ouvrir leur propre maison reste, dit-il, « une richesse ». À SABA, Clément Torres revendique justement cette idée de partage. « Ce qui me fait lever le matin, c’est que les gens qui franchissent la porte de SABA repartent en ayant passé un super moment », résume le jeune chef. Une proposition volontairement décalée dans le paysage annécien : « On travaille beaucoup les produits de la mer. Je suis Montpelliérain, donc forcément le poisson de lac me parle un peu moins que le poisson de Méditerranée. On associe tout cela avec une influence un peu asiatique et une philosophie qui nous est propre. »
Passer le témoin aux jeunes…
Un passage de témoin d’autant plus important que se lancer dans la restauration reste une aventure fragile. Inflation, hausse des coûts d’exploitation et difficultés économiques pèsent sur les nouveaux établissements. Dans ce contexte, TheFork entend faire de ces trophées un accélérateur de notoriété : selon les données communiquées par l’entreprise, l’ensemble des restaurants enregistrent en moyenne 20 % de réservations supplémentaires après leur nomination. « Nous voulons offrir un vrai tremplin et avoir de l’impact », insiste Damien Rodière, qui affirme avoir constaté l’an dernier une activité multipliée par 2,5 pour les grands lauréats après leur victoire. Mais l’enjeu dépasse le seul coup de projecteur commercial : « Je suis admiratif […] de tous ces jeunes restaurateurs qui se lancent parce que ce n’est pas évident. »
Promotion 2026
Cette promotion 2026 donne justement à voir une scène particulièrement éclatée. Cuisine végétale, bistrot de quartier, influences thaïlandaises, japonaises ou méditerranéennes, tables gastronomiques et cuisines de terroir : les 85 nommés sont répartis dans toutes les régions et partagent souvent le même attachement aux saisons, aux circuits courts et aux producteurs locaux. « Nous voulons plus que jamais donner la parole au grand public », déclare TheFork. Meilleur restaurant de France, lauréat par région et prix coup de cœur…Verdict le 30 novembre à l’Auditorium de l’Opéra National de Bordeaux. Pendant une journée, la capitale girondine accueillera ainsi toute la profession. Une façon, pour les TheFork Awards, de mettre un coup de projecteur sur ceux qui pourraient devenir les grandes tables de demain.
P.B-K.


