Le commerce de gros retrouve un peu d’allant au deuxième trimestre 2026. Mais la hausse des coûts, difficile à répercuter auprès des clients, continue de peser sur les marges des entreprises.
Après un début d’année poussif, l’activité des grossistes accélère. Selon le dernier baromètre CGF/Xerfi, le chiffre d’affaires du commerce de gros progresse de 2,5 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, contre seulement +1 % au premier trimestre. Sur un an, la croissance atteint désormais +1,6 %. Les grossistes en produits agricoles et alimentaires font même mieux que la moyenne, avec une activité en hausse de 3,7 %, portée aussi bien par les produits bruts que transformés. Une dynamique déjà perceptible au premier trimestre, où le secteur avait progressé de 3,5 %. Pour Stéphane Antiglio, Président de la CGF : « Cette progression est encourageante, avec notamment le redressement du bâtiment et la bonne tenue de la santé et des produits agricoles et alimentaires. Elle reste néanmoins fragile et contrastée selon les secteurs. Mais dans un environnement économique toujours incertain et avec l’impact de la flambée du prix des carburants, les entreprises ont plus que jamais besoin de stabilité et de visibilité pour investir, recruter et préserver leur compétitivité. »
Hausses des coûts
En effet derrière ce regain d’activité, les tensions sur les coûts restent fortes. Toujours selon CGF/Xerfi, le conflit au Moyen-Orient a pesé sur l’activité du commerce de gros. Entre février et juillet, plus de 75 % des entreprises interrogées ont subi des hausses sur au moins deux postes de dépenses. Le transport routier arrive en tête, avec une augmentation moyenne de 3,8 %, devant les marchandises (+2,7 %), les emballages (+2,1 %) et la collecte des déchets (+1,8 %). Surtout, les grossistes peinent à répercuter ces hausses dans leurs tarifs. Dans l’agricole et l’alimentaire, 43 % des entreprises n’ont répercuté aucune hausse. Une situation qui conduit la CGF à réclamer une meilleure adaptation des contrats, estimant que les fortes variations du carburant, du transport, des marchandises ou des emballages peuvent rendre des marchés conclus plusieurs mois auparavant « économiquement intenables » pour les fournisseurs.
Des perspectives plus favorables
19 % des entreprises de commerce de gros anticipent une hausse de leur activité dans les prochains mois, contre 13 % au trimestre précédent, tandis que 29 % prévoient une baisse, contre 33 % au premier trimestre. Les situations restent toutefois hétérogènes selon les secteurs. Les professionnels des produits agricoles et alimentaires demeurent les plus confiants, 36 % anticipant une hausse de leur activité contre 9 % une baisse. Les intentions d’embauche repartent également à la hausse : 20 % des entreprises interrogées prévoient de recruter dans les prochains mois, contre 14 % au trimestre précédent. Les difficultés de recrutement restent néanmoins importantes : 75 % des entreprises ayant cherché à embaucher déclarent avoir rencontré des difficultés, contre 52 % au premier trimestre.
P.B-.K.



